17 films norvégiens à voir avant de mourir 7


Le 17 mai, c’est la Fête Nationale norvégienne.
Comme on me demande souvent par où commencer quand on veut parfaire ses connaissances sur le cinéma norvégien, voici une liste chronologique en 17 points pour vous aider à vous familiariser avec cette cinématographie injustement sous-estimée.

  1. Fant de Tancred Ibsen

    Le gitan (1937), de Tancred Ibsen, avec Alfred Maurstad, Sonja Wigert, Guri Stormoen, Oscar Egede-Nissen, Lars Tvinde.

    synopsis: une orpheline fuit le foyer de son oncle. Elle atterrit chez un gitan qui la force à commettre de petits larcins. La sœur du vagabond et le fiancé de la belle s’allient pour les retrouver. Le dénouement sera dramatique.

    avis: parmi les cinéastes sous-estimés, Tancred Ibsen se pose là. Double petit-fils d’Henrik Ibsen et Björnstjerne Björnsson, il fit ses armes comme assistant de Victor Sjöström pendant sa période américaine. Metteur-en-scène d’une ruralité norvégienne autant que de sa modernité, il était un artisan au style classique et efficace.
    A découvrir impérativement.



  2. La Mort est une caresse (1950), d’Edith Carlmar, avec Claus Wiese, Bjørg Riiser-Larsen, Ingolf Rogde, Gisle Straume, Einar Vaage

    synopsis: Sonja, femme mariée issue de la bourgeoisie rencontre Erik, un garagiste. Ils entament une relation tandis qu’Erik commence à se comporter comme un gigolo.

    avis: La Mort est une caresse est le premier long-métrage réalisé par Edith Carlmar, réalisatrice et actrice norvégienne qui aurait eu 100 ans cette année. Succès critique et publique dès sa sortie, La Mort est une caresse est un film noir qui plaira aux adeptes des drames relationnels d’après-guerre.



  3. Le rescapé (1957), d’Arne Skouen, avec Jack Fjeldstad, Henny Moan, Alf Malland, Joachim Holst-Jensen, Lydia Opøien

    synopsis: Nous sommes en 1943. Seul rescapé d’une mission ayant mal tourné, Jan, significativement diminué, tente de rejoindre la Suède à pied, aidé par ses patriotes norvégiens.

    avis: élu film préféré du public norvégien en 1991, Le Rescapé est un des meilleurs films de montagnes qui soit. Comme cet extrait le montre, Ni Liv est un drame de figures esseulées et de monochromes. D’un côté, on a la silhouette noire de Jan qui s’affale sans arrêt dans des espaces blancs. De l’autre, les boules de neiges qu’il envoie au-devant de lui traversant des cieux gris avant de s’écraser et de se confondre avec l’espace homogène.
    Film de résistance physique et psychologique en temps de guerre, Le Rescapé démontre que désobéissance civile, sacrifices et liberté sont intrinsèquement liés.
    Arne Skouen était au cinéma norvégien ce que Jean Renoir était au cinéma français: un cinéaste que tout cinéphile devrait connaître.



  4. De Dødes Tjern (1958), de Kåre Bergstrøm, avec André Bjerke, Henny Moan, Henki Kolstad, Per Lillo-Stenberg, Erling Lindahl

    synopsis: Un groupe de jeunes adultes se rend dans un chalet au bord d’un lac sombre dans lequel on se suicide ou on disparaît. Les spectres, hallucinations et autres mystères permettent de développer le vrai drame de ce milieu isolé. Quand pulsions et fièvre noire (lappsjuka en Norvégien cabin fever en Anglais) sont combinées, la folie est la seule issue.

    avis: film d’horreur (psychologique) où le lac des morts est la surface où se reflète le crime, De Dødes Tjern est un film de chalet réussi. Ayant inspiré tout un pan du cinéma de genre norvégien comme Villmark ou Cold Prey, il est considéré comme un des meilleurs films jamais produits dans le pays.



  5. La Chasse (1959), d’Erik Løchen, avec Rolf Søder, Bente Børsum, Tor Stokke

    synopsis: Jules et Jim avec un fusil. Un couple légitime et un ami de la famille, prétendu amant de la femme, font une partie de chasse dans la montagne norvégienne. Jalousie et mort sont au rendez-vous.

    avis: un huis-clos à la montagne: La Chasse est un oxymore cinématographique. Entre Sartre et la Nouvelle Vague, le film du grand-père de Joachim Trier, sélectionné à Cannes en 1959, est un savant mélange de reliefs, qu’ils soient psychologiques, cinématographiques ou géographiques.
    Bonne nouvelle pour les cinéphiles français: le film devrait être montré cet été au Festival International du Film de La Rochelle avant une sortie du DVD chez Malavida.



  6. Flåklypa Grand Prix (1975), d’Ivo Caprino, avec les voix originales de Wenche Foss, Henki Kolstad, Frank Robert, Rolf Just Nilsen, Toralv Maurstad

    synopsis: Comment montrer que les Norvégiens sont les meilleurs? En proposant un spectacle lié au pétrole: une course automobile où l’ingénierie norvégienne et les pétrodollars d’un cheikh en vacances doivent vaincre un simple voleur de brevets.

    avis: ce film d’animation en stop motion est tout en performances, avec des jeux de couleurs symboliques. Inspiré par La Grande Course autour du monde de Blake Edwards, Flåklypa Grand Prix est un véritable film culte pour plusieurs générations. Le rythme très répétitif est un peu ennuyeux pour les petits, mais jouissif pour les cinéphiles.



  7. Stella Polaris (1993), de Knut Erik Jensen, avec Anne Krigsvoll, Ketil Høegh, Eirin Hargaut, Vegard Jensen

    synopsis: Masculin, féminin. Deux adultes et deux enfants, valant pour toute la population du nord de la Norvège, essaient de survivre pendant le XXème siècle. L’arrivée de l’armée allemande, les années de guerre, puis la métamorphose de l’industrie de la pêche montrent un monde en corrosion, irradié par la lumière de l’étoile polaire.

    avis: film poétique, peu bavard, sur l’histoire du nord de la Norvège, quasiment introuvable ENFIN édité en DVD, Stella Polaris est un pur chef d’œuvre. De sombres conflits de droits d’auteurs empêchant sa sortie en DVD, il ne vous reste plus qu’à trouver un festival ou une cinémathèque pour avoir la chance de découvrir un des films les plus importants de l’histoire du cinéma (norvégien).


  8. Eggs de Bent Hamer
    Eggs (1995), de Bent Hamer, avec Leif Andrée, Sverre Hansen, Kjell Stormoen, Trond Høvik, Juni Dahr

    synopsis: La vie routinière de deux frères septuagénaires est bouleversée par l’arrivée du fils caché de l’un d’entre eux.

    avis: le premier long-métrage de Bent Hamer, où brille la photographie d’Erik Poppe est une chronique de bonshommes préfigurant Kitchen Stories (2003). Film décalé où les rapports humains sont perçus comme absurdes, Eggs semble être l’influence majeure de tout une partie du cinéma norvégien de Pål Sletaune à Jens Lien.



  9. Zero Kelvin (1995), de Hans Petter Moland, avec le trio d’Un Chic Type: Stellan Skarsgård, Bjørn Sundquist et Gard B. Eidsvold.

    synopsis: Un poète rejoint une expédition de deux trappeurs au Groenland. Dans l’iliade glacée et dure de l’hiver arctique, la violence éclate; le groupe se disloque. Comment survivre seul dans le froid?

    avis: huis-clos dans des conditions extrêmes, Zero Kelvin est un drame tout en nuances blanches grises et bleues. Magnifiquement photograhié par Philip Øgaard, il est fort à parier que ce film où Stellan Skarsgård incarne un trappeur détestable trouverait un public parmi les fans de Northern.



  10. Junk Mail (1997), de Pål Sletaune, avec Robert Skjærstad, Andrine Sæther, Trond Høvik, Trond Fausa Aurvåg, Bjørn Sundquist

    synopsis: Un facteur indiscret passe du statut de messager sans conscience professionnelle à celui d’ange gardien.

    avis: film estampillé NorWave où gravite une horde de trashy gentlemen, Junkmail est une comédie sur le côté obscur de nos existences. Malheureux avec sa vie professionnelle, ses amis ou son logement, l’ignoble postier nous montre un Oslo tel qu’il aurait pu être filmé par Aki Kaurismäki. A ne pas mettre devant tous les yeux.



  11. Insomnia (1997), d’Erik Skjoldbjærg, avec Bjørn Floberg ♥, Stellan Skarsgård, Sverre Anker Ousdal, Maria Bonnevie

    synopsis: Une jeune femme a été assassinée dans le nord de la Norvège. Un policier suédois (armé) est dépêché dans cette région arctique où le soleil ne se couche jamais. Insomniaque, obsédé, maladroit, il ne semble guère mieux que l’assassin présumé de la lycéenne, un auteur à succès.

    avis: Stellan Skarsgård+Bjørn Floberg ♥= Un Chic Type Insomnia. Bien supérieur à son remake américain réalisé par Christopher Nolan, le thriller original d’Erik Skjoldbjærg est un film moral sur le manque de discernement. Un policier abusif, un meurtrier qui en sait trop, des lolitas: tous les ingrédients sont rassemblés pour une chasse à l’homme réussie.



  12. Bloody Angels (1998), de Karin Julsrud, avec Bjørn Floberg ♥, Reidar Sørensen, Kjersti Holmen, Bjørn Sundquist, Jon Øigarden, Trond Høvik, Stig Henrik Hoff, Simon Norrthon, Ingar Helge Gimle, Kåre Conradi, Aksel Hennie, Trond Fausa Aurvåg, Trond Espen Seim, Cecilie A. Mosli, etc…

    synopsis: Venant enquêter dans une petite communauté à laquelle il est étranger, Nicholas Ramm va découvrir qu’on peut régler ses affaires loin des cours d’assises. Quand crimes pédophiles, petite délinquance, harcèlement moral et loi du talion sont mélangés, la justice est impuissante.

    avis: le polar au plus beau casting du monde de Norvège, avec une B.O. signée Magne Furuholmen (A-HA), est l’unique long-métrage de cinéma de Karin Julsrud, par ailleurs productrice de Joachim Trier. Film qui me poussa à me rendre au Festival International du Film de Haugesund en 2000, Bloody Angels est un film policier qui rappelle autant Get Carter que Terriblement Heureux. Un vrai film froid.


  13. Musique pour noces et funérailles d'Unni Straume
    Musique pour noces et funérailles d’Unni Straume (2002), avec Bjørn Floberg ♥, Lena Endre, Kristoffer Joner, Wenche Foss, Petronella Barker

    synopsis: Dans la maison de l’architecte Strøm, on meurt, on pleure, on joue de la musique et on danse. Le minimalisme compulsif, les maîtresses, les grains de folie ré-insufflent de la vie dans une maison trop moderne et austère tandis que chacun fait son deuil.

    avis: Musique pour noces et funérailles est une histoire de tombes et d’hommes qui tombent. La maison sépulcrale, le cimetière où on ne peut pas pleurer et la cave dans laquelle on meurt sont du côté du caveau. Dans ce caveau, trois hommes tombent: le fils, mort accidentellement depuis longtemps, l’ex-mari architecte venu se tirer une balle à l’endroit même où son fils perdit la vie, et le colocataire amoureux qui tombe de son lit là, précisément.
    Cette cave est une fondation: l’endroit où l’héroïne, devenue auteure à succès suite à la terrible perte de son unique enfant, replonge dans la douleur et renaît dans l’amour. Le film d’Unni Straume utilise la symbolique de l’architecture avec brio pour décrire les rapports difficiles de personnages inhibés par leur éducation et libérés par la musique.



  14. Norway of Life (2006), de Jens Lien, avec Trond Fausa Aurvåg, Petronella Barker, Per Schaaning, Johannes Joner, Ellen Horn

    synopsis: Amnésique, Andreas arrive dans un nouveau monde où tout est propre, calculé, prévisible. Un nouveau boulot, un nouvel appartement et une nouvelle femme sont au rendez-vous. Dans ce monde digne d’une brochure en papier glacé, rien n’a de goût, rien ne motive, rien ne blesse. Andreas n’a qu’un but: quitter cet endroit à tout prix.

    avis: comédie décalée sur le côté obscur d’une vie trop parfaite pour être intéressante, Norway of life est une métaphore réussie de la Scandinavie. Terre de possibilités, où, pour être heureux, il faut ne rien vouloir et ne rien remettre en questions, ce paradis est d’une fadeur sans égal. Apparemment peu apprécié par un public n’ayant jamais vécu dans le nord de l’Europe, Norway of life plaira aux cinéphiles adeptes de l’exotisme septentrional.


  15. Nouvelle Donne (2006), de Joachim Trier, avec Anders Danielsen Lie, Espen Klouman-Høiner, Viktoria Winge, Odd Magnus Williamson, Pål Stokka

    synopsis: Deux amis, écrivains en herbe, confrontés aux succès et aux échecs, s’interrogent sur leur place sur terre.

    avis: rien que pour sa première séquence où clichés parisiens et célébrations du 17 mai se succèdent, Nouvelle Donne se devait de faire partie de cette sélection de 17 films norvégiens incontournables. Film parfait pour le cinéphile option Nouvelle Vague, le premier long-métrage de Joachim Trier est d’ores et déjà un classique.



  16. Cold Prey (2006), de Roar Uthaug, avec Viktoria Winge, Tomas Alf Larsen, Rolf Kristian Larsen, Ingrid Bolsø Berdal, Hallvard Holmen

    synopsis: Un groupe de cinq amis se retrouve isolé dans la montagne norvégienne. Suite à un accident, ils se réfugient dans un hôtel abandonné. Bientôt, les cinq jeunes adultes découvrent que le lieu n’est pas si désert que ça…

    avis: slasher très classique dans un hôtel délaissé, entre Shining et De Dødes Tjern, Cold Prey est un film de chalet qui vaut surtout pour son utilisation magistrale du milieu neigeux. A voir dans la foulée avec Dead Snow et Le Rescapé.



  17. Autant en emporte la femme (2007), de Peter Næss, avec Trond Fausa Aurvåg, Marian Saastad Ottesen, Peter Stormare, Ingar Helge Gimle, Henrik Mestad

    synopsis: Un homme est peu à peu envahi par une femme qui s’est mise en tête de tout changer dans sa vie. Perdant de plus en plus pied, il va essayer d’appliquer les conseils de ses amis nageurs pour reprendre le contrôle de sa vie. Bien sûr, rien ne va fonctionner comme il l’avait prévu.

    avis: adaptée d’après Erlend Loe, cette comédie de Petter Næss exploite ces choses étranges que sont les relations humaines ou les sentiments. Dans ce monde de clichés, rien ne marche comme prévu. Comme dans la vie réelle en somme.


Cette sélection est loin d’être parfaite mais représente assez bien mes goûts en matière de cinéma.
Si vous souhaitez la critiquer, l’encenser, la partager ou la commenter, ne vous gênez surtout pas!
Vous participerez ainsi à la promotion du cinéma norvégien.

Glad Syttende Mai!

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7 commentaires sur “17 films norvégiens à voir avant de mourir

  • animation haute normandie

    Un grand merci pour cet article unique. Je suis passionné par votre site internet. N’hésitez pas à naviguer sur le mien, l’animation pour les comités d’entreprises dans le 76, ça me connaît !

  • ano du 94

    je recherche un telefilm passé à la télé au début des années 1980. Cela se passe en France et en Norvège. Une jolie actrice – française – et un beau acteur – un anglais ? – tous deux résistants – tombent amoureux pendant la guerre. Une partie se passe en France et une partie en Norvège, dans les montagnes. Il y a une scène de sabotage sur un bateau … Quel est le nom de ce téléfilm ? Merci de votre réponse

    • Aurore Auteur du billet

      Je cherche depuis plusieurs jours sans trouver de réponse satisfaisante. La seule coproduction franco-norvégienne se déroulant pendant le Seconde Guerre Mondiale est à ma connaissance La Bataille de l’Eau Lourde (1948). Il existe également la version US Les Héros de Télémark des années Soixante, mais là encore, on est loin du format TV et des années 80. Je vais donc continuer mon enquête pour savoir ce que ce téléfilm peut être…

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