Opération Arctic Fox n'est pas un bon représentant du cinéma suédois

Opération Arctic Fox {Gränsen}, Richard Holm


Renard Polaire et Lapins Crétins.

Imaginez six lapins crétins déguisés en chasseurs alpins. Ils font du ski et se perdent, font des bourdes et ne comprennent pas ce qui leur arrive.

Mettez-les maintenant à la frontière entre un pays en paix (la Suède) et un pays en guerre (la Norvège) pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Ils font du ski et se retrouvent aux griffes de l’ennemi, prennent toujours les mauvaises décisions, ont du mal à gérer le stress et sont somme toute… pathétiques.

Eh bien Opération Arctic Fox (2011), c’est cela: un film de guerre aux accents de comédie potache. Sauf que ce n’est pas drôle, mais que ça aurait pu le devenir.

Opération Arctic Fox: le film qui donne envie de revoir Max Manus et Le Rescapé

Le film de Richard Holm plus proche du cinéma de résistance übernorvégien que du drame social suédois est un film trop long, très mou et assez moche; bref, un film raté.
Situé dans le Nord, dans des paysages où la neige est devenue jaunâtre et opaque, Opération Arctic Fox est l’antithèse esthétique de ce que le tout cinéma nordique nous a offert ces vingt dernières années. Mal éclairé, mal monté, répétitif et prévisible à souhait, le récit du petit groupe de soldats perdus du mauvais côté de la frontière norvégienne alors que l’Armée allemande projetait d’envahir la Suède vous fera fondre d’agacement.

A la frontière de l’ennui

Gränsen (la Frontière), devenu Opération Arctic Fox, collectionne les ingrédients du film de guerre assez gauche.

  1. les clichés du scénario
  2. Suivre un schéma classique pour construire son histoire, pourquoi pas. Mais de là à ce que chaque gros plan, chaque rebondissement, chaque ellipse soit prévisible; c’est clairement abusé. On en sourit au début, on en discute à mi-film et à la fin, on n’en peut plus. Quand le film s’arrête enfin, on est soulagé. On a survécu.

  3. la bande originale
  4. Åhhhh. Les musiques symphoniques plates qui endorment l’action, c’est mignon trois minutes dans les sagas hollywoodiennes, mais beaucoup moins dans les films de guerre scandinaves.

  5. le casting
  6. Comment peut-on choisir de faire jouer le comédien norvégien Bjørn Sundquist dans un film où neige + chalet + nazis sont des composantes essentielles du récit après avoir vu Dead Snow? C’est aussi convaincant que de faire un drame psychologique dans un camping, avec dans le rôle principal Franck Dubosc. Résultat atteint: on se surprend à sourire à plusieurs reprises au moment-même où on s’apprêtait à s’endormir.

C’est désolant, malheureux, frustrant.

Opération Arctic Fox fait partie de ces films suédois distribués en France qui me laissent de glace et dont je déconseille l’achat tant il aurait été préférable de le laisser dans l’archive réfrigérée où il finira son existence.


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