491, le premier film suédois censuré intégralement avant remaniement du montage.

3 films nordiques sur les maisons de correction


Et si on isolait la racaille pour de bon?

De temps à autre, quand un médiateur social échoue dans son rôle, on se surprend à imaginer l’envoi des mineurs délinquants les plus durs aux îles Kerguelen. On espère que la rudesse du climat leur apprendra l’humilité et que l’absence de tout parasite (familial, affectif) permettra à ces mauvais sujets de rentrer dans le droit chemin.
A moins qu’il ne soit déjà trop tard?

Voici trois points de vue nordiques sur les maisons de redressement et le malaise d’une jeunesse abusée.

491, le premier film suédois censuré intégralement avant remaniement du montage.

491 (1963), de Vilgot Sjöman. Adaptation du livre de Lars Görling.
Premier film interdit par la Censure Suédoise, 491 raconte l’histoire d’une poignée d’adolescents en difficultés installés dans un appartement insalubre à Stockholm. Leur éducateur, un idéaliste qui ne peut pas s’imaginer qu’on puisse être foncièrement mauvais déjà si jeune, ne va tout simplement pas comprendre que l’inspecteur des services sociaux est un pédophile ayant abusé de plusieurs d’entre eux et que l’argent dont il a besoin est ramené par la jeune blonde qui se prostitue. Un des garçons les plus fragiles ne survivra pas. Le héros, Nisse, finira en prison. Vilaine claque sociologique esthétique dans la Suède des années Soixante, 491 sera remonté et censuré afin de pouvoir obtenir son visa d’exploitation. Il sortira sur les écrans suédois en 1964.

La Maison des Papillons noirs (Tummien perhosten koti, 2008), de Dome Karukoski. Adaptation du livre de Leena Lander.
Elevé dans l’acoolisme et la violence, un jeune homme est envoyé sur une île où une maison de correction l’attend. L’éducateur en charge de ce groupe de garçons majoritairement violents est un homme autoritaire qui rêve de cultiver des mûriers sur lesquels des vers a soie grandiraient. Ce fantasme tout esthétique (fabriquer une fibre blanche, résistante et luxueuse à l’aide de délinquants) s’avérera impossible. La rigueur de l’élevage ne sera pas honoré, les papillons deviendront noir. Aucune soie ne sera jamais produite.

Les Révoltés de l’île du Diable (Kongen av Bastøy, 2010), de Marius Holst.
Comme dans 491, la majorité de ces jeunes hommes repris en main par la société sont pauvres, ou ont grandi dans des familles à problème. La plupart ne sont pas des délinquants sévères, mais des mineurs dont les parents ne veulent plus assumer l’éducation. Comme dans 491, un pédophile utilise sa position pour abuser de jeunes garçons qui n’intéressent plus personne. Comme dans 491, l’issue de l’histoire sera dramatique.

Quelle que soit l’époque ou le ton, le cinéma nordique nous montre que les maisons de correction aussi isolées soient-elle ne sont pas la solution.

Alors par où commencer?

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