Le long-métrage suéco-polonais sur le peintre Bruegel

Bruegel, le moulin et la croix


Une coproduction suéco-polonaise sur un peintre flamand

Bruegel, le moulin et la croix est un des plus beaux films sortis en 2011 et un des plus singuliers. Mettant en scène les figures d’une toile du peintre flamand Pieter Bruegel l’Ancien, le film de Lech Majewski nous coupe du paysage cinématographique des années 2010.

Retour vers le futur. Encore.

Pendant une heure et demi, on se retrouve transportés dans les années 80, au Royaume-Uni. Vous savez, cette époque où Derek Jarman nous avait concocté son Caravaggio (1986), Terence Davies sa Trilogy (1984) ou Peter Greenaway son Meurtre dans un jardin anglais (1982). Comme les œuvres précitées, Bruegel, le moulin et la croix est un film d’une beauté exquise nous immergeant dans un monde fait de peinture. Tout y est point de vue, composition, opposition de verticalités et d’horizontalités.

Le scénario lui, est une étude. Pas un drame. Comme un film expérimental au budget trop important.
Authentique film de cinéma pour les amoureux des Beaux-Arts, c’est la distribution de Bruegel, le moulin et la croix qui est inquiétante.

  • Rutger Hauer, Charlotte Rampling et autres interprètes prestigieux risquent de perturber leurs fans
  • Le rythme aussi bien que le sujet du film plaira aux plasticiens, mais qu’en est-il d’un public plus large?

Se retrouver en 2011 devant l’héritier de grands films picturaux britanniques des années 80 est anachronique. Si Bruegel, le moulin et la croix avait été produit il y a 25 ans – faisons fi de la technique un moment – il aurait été adulé par tous les jurys de festivals majeurs. Croulant sous les récompenses, il serait devenu un objet culte parmi les cinéphiles et la critique.

Sortant en 2011, le destin de Bruegel, le moulin et la croix sera celui d’un film atypique; ce qui est bien dommage.


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