Oslo, 31 août {Oslo, 31. august}, Joachim Trier

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Revoir Oslo et mourir…

Oslo, 31 août débute avec des témoignages en off d’individus qu’on n’identifiera jamais et des images d’une Oslo à différentes époques. Une ville est racontée par ses habitants. Les souvenirs ravivent des temps révolus lors de cette séquence trop courte. Le ton est donné; il est mélancolique.

A la façon de nombreux films modernes des années Soixante, d’Antonioni à Varda, le second long-métrage de Joachim Trier après Nouvelle Donne est une chronique clairement délimitée dans le temps et l’espace.

Portrait contemplatif sans climax – aspect que lui reprocheront les fans de films classiques – œuvre crépusculaire dans des camaïeux de bleutés, gris et noir, Oslo, 31 août nous permet de suivre la dernière journée d’un hipster las de ce bas-monde, Anders (Anders Danielsen Lie toujours égal à lui-même) qui ne se reconnaît plus dans la ville qui l’a vu grandir.

Anders, à force de chercher à atteindre la perfection en ignorant la religion, en apprenant le piano ou en écrivant avec talent, est blasé. La culture, au lieu de l’enrichir l’a vidé de son essence.
Rejetant une vie parfaite et banale, Anders a voulu se différencier de la masse, non en la surpassant mais en sombrant dans les paradis artificiels.

Dans Oslo, 31 août, à chaque fois que la mort se rapproche d’Anders et lui ôte toute volonté, son cadre de vie prend des tonalités d’héroïne (brune) et de cocaïne (blanche).
La fadeur grisâtre des drogues dures délave sa vie. Elle est en train de l’effacer complètement.

Hors focus

Car le second long-métrage du réalisateur norvégien Joachim Trier est l’histoire d’un effacement d’une mise au point qui fait défaut, de la disparition d’un Osloïte trentenaire dans un cadre de vie dans lequel il n’imagine plus aucun avenir.

Déconnecté de ses contemporains qui préfèrent dégommer des avatars lors d’une partie de Battlefield à la gestion de vrais problèmes, il va lui aussi choisir de s’échapper, ce jour où l’été s’achève.

Oslo, 31 août, est un film fort où sons et images expriment toute la mélancolie grignotant notre monde occidental: une œuvre maintes fois primée à découvrir d’urgence.

 

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Publié dans: trailer du mercredi

5 Responses to “Oslo, 31 août {Oslo, 31. august}, Joachim Trier”

  • C’est un très bon film. Il est assez triste dans l’ensemble, mais certaines scènes sont magnifiques et valent le ticket.

    On peut apprécier notamment la scène où Anders est assis dans un café et écoute les conversations des autres gens. Ces conversations respirent l’espoir !

    A propos du jeu vidéo Battlefield, on peut remercier le réalisateur d’avoir affiché une opinion sur ce phénomène de société très actuel. Il s’agit bien d’un problème au niveau familial.

    Quand les parents se réfugient dans les jeux vidéos, cela met en péril l’équilibre de la famille. Les problèmes ne sont pas résolus. Il s’agit d’une fuite, mais très néfaste sur le long terme, aussi bien sur les enfants que sur les parents.

    C’est un vrai et grave problème. Le monde a toujours été complexe, il faut donc savoir repérer les pièges et tenter de ne pas tomber dedans.

  • Merci pour votre commentaire :)

    Je n’ai guère d’opinion sur les jeux vidéo. Je vois le jeu comme occasion de partager des sensations dans un univers coupé, qui a ses propres règles. Si un père et sa fille jouent ensemble à Battlefield ou tout autre jeu vidéo, cela ne pertubera pas la cellule familiale. C’est le repli prolongé sur soi-même qui peut être problématique, qu’il soit lié au jeu, à Facebook ou à la lecture d’un roman.
    Ne croyez-vous pas?

  • Je suis entièrement d’accord avec votre avis.

    Ce qui est important, c’est le lien entre les personnes qui vivent ensemble ou qui se voient à l’extérieur.

    Ce lien doit être présent un minimum.

    On a effectivement le droit de s’isoler quand on en a envie pour une activité quelconque (jeu vidéo, roman, bricolage…).

    En revanche, au contraire d’un roman ou du bricolage, le problème de ce genre de jeu (Battlefield), est que :
    - C’est un jeu relativement nerveux. D’expérience, je sais que cette nervosité déteint sur l’entourage (dans une mesure relative).
    - C’est un jeu addictif, du fait de son caractère multi-joueurs (il y a toujours quelqu’un sur des serveurs sur toute la Terre : au moins Europe et USA), et sans limite (il n’y a pas de fin de jeu, on arrête quand on veut, mais encore faut-il prendre conscience de sa propre fatigue). Le caractère addictif fait qu’il y a le risque qu’on oublie ou néglige d’autres affaires courantes externes, autrement plus importantes (observer que son conjoint a un chagrin et lui adresser la parole, observer que sa fille a grandi et aimerait parler à son père…).

    Concernant les jeux en ligne, je parle en connaissance de cause car j’y ai longtemps joué.

    Heureusement, certains jeux en ligne ont été bien pensés : ils ont été prévus pour être amusants et encouragent leur communauté de joueurs à être créatifs.

  • Je recherche le titre du morceau qui est joué au piano par Anders à la fin du film. Quelqu’un sait?
    Très belle scène et très beau morceau!

  • Selon cette page
    http://zvezdo.canalblog.com/archives/2012/03/13/23677591.html
    C’est la suite numéro 15 de Haendel.

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