Reidar Sørensen dans Bloody Angels de Karin Julsrud

Bloody Angels, {1732 Høtten}, Karin Julsrud 5


L’assassin a un code postal

Bloody Angels (1732 Høtten, 1998) est un film norvégien de Karin Julsrud problématisant la justice, la morale et la vengeance: des thèmes à méditer à la veille de Pâques.

Qui a tué Katarina Munch?

Nicholas Ramm (Reidar Sørensen) débarque à Høtten pour enquêter sur la mort d’un des frères Hartmann. Il découvre que les deux frères avaient été accusés du viol et du meurtre de la petite Katarina Munch, une fillette mongolienne. Toutefois, sans preuve tangible, les frères avaient été relâchés. La mort du premier (Kåre Conradi) et la disparition du second (Jon Øigarden) sèment le doute chez l’enquêteur d’Oslo.

A Høtten tout le monde se connait, a une mémoire commune, des secrets partagés.
Ramm va découvrir une société solidaire, où des anges agissent quand la justice ne remplit plus son rôle.

Dans ce cadre blanc et neigeux du film sorti en décembre 1998 et adapté d’un scénario original de Kjetil Indregard et Finn Gjerdrum – également co-producteur du film – les meilleurs ingrédients du polar norvégien sont concentrés.

  • Le viol d’une petite victime resté impuni
  • La communauté hostile aux éléments perturbateurs
  • L’enquêteur cynique
  • L’humour noir et les relations humaines décalées
  • La géographie incertaine où la blancheur de la neige est aveuglante
  • La bande originale hypnotisante

Faisant partie avec Insomnia et Headhunters de mon top 3 des meilleurs thrillers norvégiens, Bloody Angels est un film injustement mésestimé au pays de Jo Nesbø.

Ce qui peut déplaire dans Bloody Angels

  • Contrairement aux Anges Déchus ou à Celui qui a peur du loup, Bloody Angels n’est pas l’adaptation d’un livre d’un auteur à succès.
  • Le cynisme met le spectateur mal à l’aise dès le début du film où l’enquêteur blague sur le corps noyé qu’on vient de retrouver. On finira même par s’identifier aux anges d’avantage qu’à Nicholas Ramm.
  • La communauté est à la fois victime et bourreau, ce qui peut être déstabilisant pour un public manquant de maturité.

Film dont on ne ressort pas indemne et qu’on aime pour son intelligence, Bloody Angels a les ingrédients du påskekrim parfait, sans en être un, puisque son histoire ne sort pas d’un livre policier et qu’il a été distribué hors de la période de Pâques.


5 commentaires sur “Bloody Angels, {1732 Høtten}, Karin Julsrud

  • Arno

    Ca me fait penser, en parlant d’Insomnia, 1 – que j’en ai jamais causé (vu à Cognac en 98), et 2 – que je n’ai tjrs pas vu Nokas.

  • Aurore Auteur de l’article

    Ha mais Nokas qui sort en août ne vaut pas grand chose. Surtout pas l’Amanda du meilleur scénario qu’il a reçu.

    Pour Bloody Angels, c’était l’effet voulu 😉

  • brooky

    Hello,
    Hmmm j’aimerai bien le voir ce long-métrage. Les films norvégiens sont vraiment bien. On peut en trouver sur le site MegaVOD http://www.megavod.fr . Alors ceux qui pensent voir un film norvégien prochainement, vous saurez en en trouver.

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