Robert Skjærstad et Trond Høvik se chamaillent dans Junkmail de Pål Sletaune

Junk mail {Budbringeren}, Pål Sletaune


Comédie trash norvégienne remarquée au Festival de Cannes en 1997, Junk mail est un petit chef d’œuvre d’humour noir.

Mercure, messager des dieux et Dieu des voleurs

Junk mail est l’histoire de Roy (Robert Skjærstad), un personnage qu’on ne peut appeler ni mercuriel ni hermétique, mais qui est à la fois messager et voleur.
Fainéant aussi.

Postier sans éthique, il jette une partie du courrier au lieu de le distribuer, ouvre les lettres d’amour avant leurs destinataires et n’hésite pas à faire un double des clés de Line pour pouvoir s’introduire chez elle à son insu.

Roy est sale, indiscret, lâche, malhonnête, mange des spaghettis froides à même leur boîte de conserve, et est principalement motivé par l’argent.
C’est bien simple, à plus d’une reprise dans le film de Pål Stetaune on a envie de l’étriper.

Roy est aussi ce facteur minable qui devient héros malgré lui.
Sauvant par mégarde la vie de Line, la complice d’un braqueur, Roy va devoir choisir entre l’amour et l’argent. A moins que les deux ne soient liés.

Le premier long-métrage de Pål Sletaune explore un univers sale et décalé, déjà présent dans son court-métrage Eating Out; une sorte de variation poétique

  • sans chaleur du cinéma de Aki Kaurismäki et
  • sans ordre de celui de Roy Andersson.

Labelisé NorWave par Variety, aux côtés d’Insomnia, Junk mail est un des films des années Quatre-Vingt-Dix les plus importants du cinéma norvégien, aux côtés de Stella Polaris ou Eggs.

Junk mail, film matrice de Pål Sletaune

Contrairement aux derniers films de Pål Sletaune, plombants au possible, Junk mail est réalisé sur le ton de la comédie. Malgré les ressorts dramatiques, du suicide raté à l’agression ou à la mort de l’antagoniste, le ton est léger. S’amusant de son antihéros et de ses déboires, Pål Sletaune nous distille quelques-uns de ses ingrédients favoris comme:

  • le antihéros faible et/ou tordu
  • la femme enfermée dans un logement entre la vie et la mort
  • les appartements aux antipodes du cocon familial
  • le lit dans lequel on ne se repose pas assez
  • le lieu public de restauration dans lequel on espionne les conversations de ses voisins.

Junk mail: un excellent premier film trop difficile à se procurer…




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