Darling, Johan Kling {2007} 1


Montré dans l’enceinte de l’église Sankt Jakob à Stockholm pendant la Semaine Sainte 2007, Darling est un de mes films suédois préférés des années deux-mille. Et pourtant, jusqu’à maintenant, jamais je n’en avais vraiment parlé.

Premier long-métrage de Johan Kling, venu du monde de la musique et de la télévision, Darling est l’histoire d’une rencontre entre deux mondes et deux individus. La Darling du titre, Eva, interprétée par l’excellente Michelle Meadows, mène une vie triste et blasée. Entre sacs à main hors de prix, copines blondes décervelées, petits amis interchangeables et fêtes alcoolisées, son existence est une suite d’événements vides de sens.

Mais à force de passer du temps à trop se concentrer sur les apparences, Eva finit par perdre son job de vendeuse dans une boutique luxueuse. Elle est forcée de quitter son logement et de chercher un emploi. Sans qualifications et sans qualités, elle se retrouve à faire cuire des hamburgers dans un fast food. C’est là qu’elle rencontre Bernard (Michael Segerström), 61 ans, un ingénieur au chômage, fraîchement abandonné par sa femme, mais dont l’optimisme tranche franchement avec le cynisme vide et triste d’Eva.

Avec Darling, Johan Kling s’attaque à la jeunesse dorée des quartiers huppés d’Östermalm à Stockholm. Filmant une histoire d’amitié improbable entre une jeune snob en train de sombrer et un vieil ingénieur en train de se reconstruire, Kling dénonce des clivages qui ne parviennent pas être surmontés. Son film à la fois drôle et assez désillusionné, montre comment les perspectives des personnages principaux, si différentes, les empêchent d’évoluer et de s’harmoniser. Malgré une proximité physique, la rencontre entre deux mondes et deux générations finira par se dissoudre dans la nuit stockholmoise.

Récompensé par les guldbaggar de la meilleure photo (grâce au Norvégien Geir Hartly Andreassen) et du meilleur acteur (Michael Segerström) et élu meilleur film suédois des années deux-mille par le quotidien DN, Darling est un film qui fait froid dans le dos tant il reflète avec justesse les inégalités de nos sociétés européennes.


Commentaire sur “Darling, Johan Kling {2007}

Les commentaires sont fermés.