15 premiers films suédois actuels à connaître absolument


Découvrir le premier film d’un(e) cinéaste, c’est plonger dans un monde inédit, s’émerveiller, frissonner et percevoir un nouveau rapport aux choses. Les cinéphiles sont friands de premiers films, et ce malgré leur aspect brouillon ou fourre-tout. Pour aider les cinéphiles adeptes de premiers longs-métrages, voici donc une sélection de 15 premiers films suédois contemporains incontournables.

Entre 2000 et 2015, la Suède connaît une explosion de talents. Interprètes et cinéastes sont révélés sur grand écran. Pourtant, si certains premiers films ont trouvé leur chemin jusque dans les salles françaises, d’Un été suédois à Eat Sleep Die, d’autres n’ont connu que les circuits confidentiels des festivals.

Comme durant l’été 2015, Première a eu la bonne idée de sélectionner « 100 chefs d’œuvre que vous n’avez pas vus », voici dans la même veine, une courte sélection des meilleurs 15 premiers films suédois sortis entre 2000 et 2015 – à voir coûte que coûte.

1. Les comédies givrées

Puisque les critiques français aiment souvent à les qualifier de givrées, voici des comédies suédoises qui pourraient leur plaire.
 

Tjocktjuven (2006)

Je me suis noyé dans un Petit Chablis.

Tjocktjuven raconte l’histoire tragique et drôle d’un cuisinier dépressif veuf devenu pickpocket. Bientôt arrêté par une charmante policière, il est hanté par le fantôme jaloux de sa femme. Malaimé en Suède, le film de Henrik Sylvén devrait être redécouvert, tant il est original et décalé.
Pourquoi le voir ?

  • Pour son esthétique rétro
  • Pour la photographie de Simon Pramsten

Tjocktjuven de Henrik Sylvén


 

Simple Simon (I rymden finns inga känslor, 2010)

Shortlisté pour représenter la Suède aux Oscars, le premier long-métrage d’Andreas Öhman (né en 1985) sera doublement perdant aux palmarès. En lice pour plusieurs guldbaggar, il n’en recevra aucun. Et ne concourra pas non plus aux Oscars.
Pourquoi le voir ?

  • Pour son jeu sur les motifs réguliers
  • Pour Bill Skarsgård, drôle au possible


2. Les films stockholmois

Stockholm n’est plus vraiment la capitale du cinéma suédois depuis que les centres régionaux de Trollywood ou d’Ystad lui volent la vedette. Il n’empêche que la capitale de Suède est encore le théâtre de quelques excellents premiers films.
 

Om Gud vill (2006)

Premier long-métrage du rappeur Amir Chamdin, Si Dieu le veut est une histoire d’amour dans le Stockholm en noir et blanc et des années soixante-dix. Composé d’actes délimités, cet hommage au cinéma d’une autre époque est une comédie romantique réussie.
Pourquoi le voir ?

  • Pour son esthétique en noir et blanc
  • Pour ses acteurs chanteurs que les fans d’Infinite Mass et des Cardigans reconnaîtront


 

Darling (2007)

Situé autour d’Östermalm, Darling est ce film inconnu en France qui avait été élu meilleur film suédois des années deux-mille. Comme il annonce la jeunesse dorée pourrie d’Easy Money et d’Ego, le film de Johan Kling est forcément incontournable.
Pourquoi le voir ?

  • Pour la justesse de ses acteurs principaux (Michael Segerström aura obtenu un guldbagge grâce à son interprétation)
  • Pour sa description d’un certain milieu stockholmois


3. Les films de province

Sous-catégorie apparue en Suède à partir de la régionalisation, le film de province est souvent un film de copains, tourné avec peu de moyens et sans subventions. Accents, misère et rejet de l’autre en sont les ingrédients principaux. Mais pas seulement.
 

Retour en Dalécarlie (Masjävlar, 2004)

Maria Blom signe avec Retour en Dalécarlie un film typique de l’époque. Une femme originaire de province a déménagé pour avoir une riche vie professionnelle dans une grande ville. Son retour aux sources s’accompagnera de conflits mais aussi d’accomplissement.
Pourquoi le voir ?

  • Pour son casting brillant
  • Pour sa bande originale dalécarlienne


 

Hata Göteborg (2007)

Film fait dans le sud de la Suède, Haïr Göteborg raconte l’histoire d’une bande d’amis mise à l’épreuve. Bagarres, tests, et autres rites de passage rythment ce film sur le rejet de l’autre.

Pourquoi le voir ?

  • Pour l’interprétation de Magnus Skog, toujours excellent et malheureusement sous-exploité
  • Pour sa critique des rites de virilité en groupe


 

Burrowing (Man tänker sitt, 2009)

Dans le premier film co-réalisé par Henrik Hellström et Fredrik Wenzel, la pensée de David Thoreau rencontre un sous-prolétariat suédois. Au bord de la nature et au bord du vide, les protagonistes de Burrowing sont coincés à Falkenberg. A voir si vous aimez Gummo.
Pourquoi le voir ?

  • Pour la photographie de Fredrik Wenzel
  • Pour sa nature sanctuarisée


4. Les rookies invisibles

Vous connaissez certainement Voltiges, cinquième et ultime film produit dans le cadre du projet Rookie, équivalent suédois du projet Danish Screen, consistant à produire de petits films. Mais connaissez-vous La Cure ?
 

La Cure (Behandlingen, 2009)

Premier long-métrage de fiction de Johan Jonason – ancien étudiant en école d’art – La Cure (Behandlingen) est un de ces nouveaux films sur le développement personnel. A moins que ce soit un film sur la destruction de l’autre. Ou juste sur le stress comme facteur nécessaire à nos vies.

Pourquoi le voir ?

  • Pour la photo de Simon Pramsten
  • Pour la bande originale composée par Axel Boman (le cousin de Johan Jonason avec lequel il collabore hors écran)


 

Miss Kicki (2009)

Håkon Liu, réalisateur norvégo-taïwanais étudie le cinéma en Suède. Plus précisément à Göteborg. Après un moyen-métrage remarqué (Lucky Blue), il signe son premier long grâce à rookie : Miss Kicki. Kicki, mère désinvolte d’un adolescent qu’elle connaît mal, part avec lui à Taïwan. Officiellement pour faire du tourisme. Mais Kicki passe son temps à délaisser son fils pour partir à la recherche de son cyber-date (forcément décevant).

Pourquoi le voir ?

  • Pour l’interprétation de Pernilla August, formidable dans son rôle de mère imparfaite
  • Pour l’ambiance douce et amère du film


5. Les films d’artistes cinéastes

La Cure aurait pu rejoindre cette catégorie. Mais aucune catégorie n’est jamais entièrement satisfaisante. Les premiers films de cette sélection sont des films réalisés par des anciens étudiants en école d’art, d’où leur appellation d’artistes cinéastes.

Avalon (2011)

Le premier film d’Axel Petersén est typique de ses intérêts en tant qu’artiste : les voitures rapides, les crépuscules et les changements de générations. L’ancien élève en école d’art signe avec Avalon un film fort, récompensé par le FIPRESCI au Festival de Toronto en 2011.

Pourquoi le voir ?

  • Pour la photographie de Måns Månsson (lui aussi ancien étudiant en art)
  • Pour sa direction d’acteurs (on avait oublié combien Johannes Brost pouvait être bon)


 

The Reunion (Återträffen, 2013)

Installation sur les mécanismes d’identification et d’exclusion au sein d’une classe d’école, le premier long-métrage de l’artiste Anna Odell questionne la responsabilité de chacun. Harceleurs, opportunistes et victime plus ou moins consentante essaient de comprendre ou de nier ce qui s’est un jour passé.

Pourquoi le voir ?

  • Pour la photographie de Ragna Jorming
  • Pour son installation/mise-en-scène


6. Les films avec Sebastian Hiort af Ornäs

Certains reconnaissent son visage grâce au court-métrage Pojkarna présenté au Festival de Cannes en 2015. Mais Sebastian Hiort af Ornäs est surtout le héros de Sebbe, premier long-métrage de Babak Najafi, et un des protagonistes de Ömheten.

Sebbe (2010)

Quand la seule chaleur qu’il expérimente dans son quotidien vient des bulbes électriques branchés sauvagement dans sa chambre, Sebastian comprend qu’il doit changer de vie. Le milieu où il vit, sa mère et ses harceleurs à l’école l’empêchent de s’épanouir. Qu’à cela ne tienne, Sebbe est prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour sortir de là.

Pourquoi le voir ?

  • Pour la photographie de Simon Pramsten (oui, je me répète)
  • Pour l’interprétation de Sebastian Hiort af Ornäs


 

Broken Hill Blues (Ömheten, 2013)

Dans une Kiruna en train de s’affaisser, la jeunesse tourne en rond. Proche thématiquement d’Adieu Falkenberg et d’Under Gottsunda, Ömheten, réalisé par une Suédoise vivant en France (Sofia Norlin) devrait être découvert sur grand écran.

Pourquoi le voir ?

  • Pour la photographie de Petrus Sjövik, lauréat d’un guldbagge pour son travail sur ce film
  • Pour sa tonalité mélancolique


7. Les drames sociaux réalistes

Din barndom ska aldrig dö (2013)

La critique de cinéma Emma Gray Munthe s’en désole dans un article. Le meilleur film suédois de l’année 2013 dont on pourrait traduire le titre par « Ton enfance ne mourra jamais » n’a pas trouvé de distributeur en salles. Din barndom ska aldrig dö, portrait d’une famille tiraillée par les problèmes sociaux (la drogue, la prison), est d’une justesse folle. Pourtant, ce petit bijou qu’est le premier long-métrage de Marcus Carlsson n’a jamais trouvé son chemin jusque chez nous.

Pourquoi le voir ?

  • Pour l’interprétation d’Adam Lundgren en écorché vif
  • Pour la mise-en-scène maîtrisée de Marcus Carlsson


 

Blowfly Park (Flugparken, 2014)

Récompensé avec le guldbagge du meilleur acteur – décerné à Sverrir Gudnason – Flugparken est le premier long-métrage du chorégraphe Jens Östberg. Suivant un homme instable et immature dans un quartier circonscrit, Flugparken met mal à l’aise avec peu de moyens. L’attente au bord du vide, le passage du temps, le spectre de la mort en font un des films les plus forts de 2014.

Pourquoi le voir ?

  • Pour l’acteur Sverrir Gudnason
  • A nouveau pour la photographie de Måns Månsson


A découvrir impérativement si vous vous intéressez au nouveau cinéma suédois

recherches populaires