3 choses à savoir pour apprécier The Reunion d’Anna Odell


The Reunion (Återträffen), Guldbagge du meilleur film de 2013 peut être difficile à apprécier pour un public non suédois. Voici donc 3 éléments clés à connaître impérativement pour apprécier le premier long-métrage d’Anna Odell à sa juste valeur.

1. L’Affaire du 21 janvier 2009

Le 21 janvier 2009, Anna Odell, encore étudiante à l’école d’art stockholmoise de Konstfack, simule une tentative de suicide depuis un pont. Les passants appellent les urgences, une ambulance arrive et Anna est « sauvée ». La scène est capturée par un.e camarade d’Anna, puisque cette pseudo-tentative de saut dans le vide fait en fait partie du projet de fin d’études de l’artiste. A l’hôpital, malgré ses explications, Anna se voit administrer un calmant. Bientôt, le scandale éclate. Les médias, le corps médical et le grand public perçoivent dorénavant Anna Odell comme une personne prête à tout pour attirer l’attention. Quitte à mobiliser des ressources publiques. Un procès débute. Konstfack est condamnée à verser une amende symbolique. Anna Odell devient « infréquentable » pour certains.

2. Le simulacre / la réalité

The Reunion est donc un film d’artiste médiatisée et controversée. Il met en images la frustration d’une ancienne élève, non invitée à une réunion de classe, et qui vient semer l’esclandre. Si la première partie du film est ouvertement fictionnelle, la seconde se présente comme une confrontation entre la fiction de ce qui aurait pu se passer et la réalité du moment. Or, dès la première interaction « authentique », tout spectateur attentif du cinéma suédois reconnaît Christopher Wollter dans le rôle du « vrai » camarade de classe. Autant dire, l’Anthony Delon suédois. Dès lors, une audience suédoise ou familière de Wollter, sait que l’installation « documentaire » est en fait une installation « documenteuse ».

3. Le point de vue fait tout

Installation sur les perceptions de la réalité au sein d’un groupe hétérogène, The Reunion est un film sur le point de vue. Ainsi, la mise en scène des regards est ce qui compte le plus. Les séquences – elles sont deux – exprimant cela de la façon la plus didactique sont le premier plan du film et le champ/contrechamp arrivant après la 38ème minute. Derrière l’apparente uniformité démocratique de l’école se cache le harcèlement. Tandis que certains sont présentés comme des « rois », d’autres héritent de sobriquets comme « con » (kuk, fitta).

Vous voici prêts à affronter le voyage de classe au sein de la classe de The Reunion. Et si vous êtes de passage à Stockholm avant le 17 janvier 2016, courez voir dans la Galerie 5 de Kulturhuset, l’installation d’Anna Odell « Okänd kvinna 2009-349701 » concernant les conséquences du 21 janvier 2009.

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