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Joyeuses Pâques 2012

Bilan après une semaine en compagnie de påskekrim ciné

1. Adapter des polars d’auteurs établis comme Gunnar Staalesen ou Karin Fossum ne garantit pas leur qualité. Les romans policiers sont en général mieux calibrés que leurs adaptations.

2. Un bon polar peut ne rien à voir avec Pâques. Bloody Angels, son scénario original et sa sortie pendant les vacances de Noël 1998 en sont le meilleur exemple.

3. Un påskekrim réussi contient un ou plusieurs crimes abjectes. Plus les actes commis son affreux et inexplicables plus le påskekrim a des chances de captiver son public. Ce qui est aussi vrai du genre policier en général.

4. Le milieu du drame a intérêt à être tout sauf une ville trop connue comme Oslo. La campagne, un fjord de l’ouest, le bord d’un lac ou une petite bourgade sont les lieux privilégiés du påskekrim. Plus l’endroit est isolé et proche de la nature (ici une montagne, là une forêt), plus l’angoisse et la peur de l’inconnu seront propices au déroulement de l’intrigue.

5. Les personnages de påskekrim sont typés et caractérisés par une vie intérieure intense. Psychanalyse, folie, inceste, crimes de sang froid, pédophilie et vengeance y ont leur place. Plus le crime sera révoltant ou mystérieux plus la résolution du påskekrim sera excitante. Même l’enquêteur se montrera plus dandy désabusé qu’héroïque, comme issu du roman noir américain.

6. Une esthétique du faux-semblant domine. Au pays des cent jours de nuit et de lumière, apparences trompeuses, contre-jours, reflets, spectres et brouillard transcendent une lumière qui aurait dû appuyer le “voir, c’est savoir“. Dans Insomnia, alors que la journée est perpétuelle, faire la lumière sur les crimes est encore plus compliqué qu’à des latitudes où l’alternance de jours et de nuits est la règle. La confusion entre le jour et la nuit, la vie et la mort font apparaître des fantômes – chose rare dans les films policiers – à la fois dans Insomnia et dans Le Lac des Morts.

Mais si le påskekrim n’était qu’un mythe?

Dans l’article du Dagbladet du 9 avril 2003, Nils Nordberg, essaie d’expliquer l’engouement que suscitent les påskekrim en Norvège.
Une de ses hypothèses pour expliquer l’intérêt pour le grotesque en mars/avril est l’origine sombre et sanglante des fêtes du printemps.
Que ce soit dans la tradition judéo-chrétienne ou chez les païens, le printemps est associé au sacrifice (Pessa’h, Pâques, Blót ou Segerblot) et au sang versé pour assurer une année propice.

Ainsi, le besoin de sang au printemps serait culturel.

L’autre piste de Nils Nordberg est l’aspect symbolique de la lecture pendant les vacances de Pâques. Celles-ci étant les dernières vacances avant les examens et l’été, elles sont traditionnellement associées aux bonheurs simples. Des vacances de Pâques parfaites incluraient être entre amis ou dans sa famille, dans un chalet de plaisance à la montagne et passer du bon temps ensemble avant de finir la journée devant un poêle avec un roman captivant et facile à lire. Pour 10% des Norvégiens chaque année.

Lire, voir ou écouter un påskekrim ferait le lien entre la réalité ennuyeuse en ville et le rêve d’évasion dans un chalet de montagne à l’approche de Pâques.

Nordberg finit par penser que le succès des påskekrim n’est un mythe marketing. Il est convaincu que les ventes de polars n’augmentent pas spécialement plus à Pâques qu’à Noël. De plus, l’expert de la littérature policière norvégienne assure que les publications de livres d’auteurs établis sortent à la rentrée, et non au printemps.

Oui, mais voilà le raisonnement de Nils Nordberg a presque dix ans. En une décennie, le contexte culturel du påskekrim a évolué. Les ventes de polars nordiques ont explosé et Headhunters est devenu un succès international. Alors que le påskekrim aura 90 ans en 2013, une étude approfondie serait nécessaire afin de cartographier les mythes et légendes autour du polar norvégien. Et je vous encourage à en parler autour de vous si vous connaissez des étudiants en langues et civilisations nordiques en panne d’inspiration.

SMS Olav V vous souhaite de Joyeuses Pâques!


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Påskekrim

A la veille du début de la Semaine Sainte, cineaster.net passe en mode påskekrim. Ce terme, typiquement norvégien est composé de deux mots: Påske = Pâques et krim = polar. C’est donc le monde du récit policier pascal que nous allons explorer.

Vous avez dit påskekrim?

Le påskekrim, ça a l’air sympa, mais pourquoi lire, écouter ou voir des récits remplis de suspense à Pâques plutôt qu’à l’approche de Halloween?
Et bien tout cela à cause du jour de Pâques 1923.

Tombé le Premier Avril, Pâques 1923 permet de marketer dès la veille du Dimanche des Rameaux un roman policier comme un crime véridique. Le canular prend si bien et le polar en question est un tel succès que dès l’année suivante, le prestigieux éditeur Aschehoug publie à son tour un thriller pour Pâques. Ce sera le premier d’une longue lignée de påskekrim déclinés par tous les médias (pièces radiophoniques, publicités, emballages, séries TV et films).

Mais avant de revenir sur le merveilleux monde des images animées, lançons un pavé dans la mare de vos certitudes concernant le genre policier en littérature.

La littérature policière moderne est née en Norvège

Saviez-vous que le premier roman policier moderne était norvégien?
Maurits Hansen (1794-1842) écrit Mordet paa Maskinbygger Roolfsen deux ans avant la parution du Double Assassinat dans la Rue Morgue (1841) d’Edgar Allan Poe.
Quoi? On vous aurait menti?
Manifestement.

En tout cas, si vous êtes un fan des livres de Gunnar Staalesen, Jo Nesbø ou Karin Fossum et que vos amis, perplexes, vous demandent encore aujourd’hui pourquoi le thriller est un genre sur-représenté dans la littérature norvégienne, vous pouvez maintenant leur répondre que c’est tout simplement parce qu’il y est né.
Fin de la parenthèse.

En effet, nous n’allons pas spécialement parler de littérature cette semaine. Mais plutôt nous plonger dans l’univers culturel übernorvégien du påskekrim sur grand écran. De 1928 à 2008, histoire de donner un cadre historique et de ne pas partir dans tous les sens.

En attendant le début de ce petit cycle, demain 2 avril 2012, et comme nous sommes aujourd’hui le Premier Avril, voici un spot publicitaire parodique de påskekrim:

Car contrairement à ce que la bande-annonce du DVD français de Dead Snow voulait bien vous faire croire, l’intrigue du film de Tommy Wirkola ne se passe pas pendant les fêtes de fin d’année mais bien pendant les vacances de Pâques.

Ceci n’est pas un poisson d’avril



Turn me on {Få meg på, for faen} + cineaster.net = †

J’avais pensé écrire sur Turn Me On (Få meg på, for faen) de Jannicke Systad Jacobsen qui sort demain sur les écrans français. Ce ne sera pas le cas. Le DVD que j’attends depuis plusieurs semaines n’est pas encore arrivé. Il faut se rendre à l’évidence: des forces obscures m’empêchent de voir ce film norvégien.

Jannicke Systad Jacobsen, on ne veut pas que je voie ton film!

Episode 1: Rô, c’est ballot!

Tout a commencé en août dernier. Le premier film que je devais voir au Festival du Film d’Haugesund était justement la comédie de la réalisatrice norvégienne Jannicke Systad Jacobsen.
Après m’être assurée par mail que je retirerais mon accréditation à un lieu donné, je me rends au cinéma.

Ah ouaih, mais non, les accréditations, c’est au Palais du Festival.

Perte de 20 minutes.
Retour au cinéma pour acheter le pass de mon cinéphile de mari.

Ah ouaih, mais non, les pass, c’est aussi au Palais du Festival.
_Vous nous aviez dit qu’on pouvait les acheter ici.
_Les places, oui, mais pas les passeports permanents.

Cela commençait bien.
A cause de deux tanches du Rogaland, incapables de transmettre des informations correctes par e-mail, je venais de rater l’unique projection de Turn Me On.

Prends-moi l’Île!

Episode 2: ø se prononce “eu”

euh-euh-euh.
Moment deux.
Le film obtient une distribution en France c’est bien mais j’ai déjà commandé mon DVD norvégien et se dote d’une affiche ringardissime. Le texte affiché est celui-ci:


Turn me øn!


Or, comme tout fan de Trentemøller le sait, non seulement Ø se prononce EU, mais le mot bâtard Øn orthographié ainsi résonne comme Ön-Øyen-Øen: l’île.

Får meg på, for faen
–> Allume-moi, bon dieu

devenu Turn me on, goddammit à l’International
est devenu en France Turn Me Øn
–> Prends-moi l’Île.

Ah-ah-ah.
Tous les ressortissants scandinaves voyant l’affiche de Turn Me On la trouvent navrante. En France, cela ne représente après tout que quelques dizaines de milliers de personnes.
Bref, c’est ce qu’on pourrait appeler en toute retenue un Epic Fail.

Episode 3: c’est rose et kitsch… c’est un film de John Waters, c’est ça?

Turn Me Øn n’est pas un film de John Waters malgré la tonalité aquatique de son titre français et le rose fuchsia de son affiche.
D’ailleurs, on peut regretter qu’avec un nouveau titre évoquant d’avantage une bataille navale que la vie sexuelle d’Alma, on n’ait pas gardé les couleurs originales de l’affiche norvégienne de Turn Me On:

Turn Me On le film norvégien de Jannicke Systad Jacobsen

Au moins, on aurait été un doigt plus cohérent.

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publié dans: billet d'humeur
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2007-2010: l’Amanda du public

Vox populi!

Nous avons vu hier ce qui est nécessaire pour être récompensé par “les professionnels de la profession” à l’Amanda du meilleur film norvégien. Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur un des prix les plus récents de l’histoire des Amanda: le prix du public.

Qui compose cette foule? Pas une masse critique de cinéphiles mais un groupe beaucoup plus effrayant, j’ai nommé: les téléspectateurs et lecteurs de tabloïds.

Gardiens du bon goût consensus et de l’équilibre, les jurés aiment à récompenser des films dans lesquels les héros sont prisonniers d’un cercle infernal: la drogue, la guerre, le capitalisme, un psychopathe, bref un danger bien présent mettant en péril l’individu et sa communauté, qu’elle soit:

  • sa famille
  • l’ensemble de ses compatriotes
  • son ethnie
  • ou sa bande de copains.

Jury participant avec le même enthousiasme aux alter ego de Secret Story, Eurovision ou autres Questions pour un Champion scandinaves, le public de Norvège n’est pas aussi inconsistant qu’on aurait pu le craindre.

Retour sur ces films préférés faisant la part belle aux sociétés rongées par un mal extérieur.

2010

Engelen, de Margreth Olin.
Le groupe: la cellule familiale sur deux générations.
La menace: un cocktail de violences (alcool, violences conjugales, inceste et drogues comme dans un film danois).


2009

Opération Sabotage, de Joachim Rønning & Espen Sandberg.
Le groupe: la résistance norvégienne pendant la Seconde Guerre Mondiale.
La menace: la collaboration de Vidkun Quisling avec le Troisième Reich.


2008

La rébellion de Kautokeino, de Nils Gaup.
Le groupe: des éleveurs de rennes Samés appauvris et exploités.
La menace: un riche marchand sans scrupules et un prêtre intéressé.


2007

Cold Prey, de Roar Uthaug.
Le groupe: Une poignée de jeunes adultes en vacances.
La menace: Un psychopathe qui hante le Jotunheimen (comme métaphore des dangers de la nature humaine)


Moralité? Pour plaire au public norvégien, il faut avoir pour devise:

Aide-toi et le ciel t’aidera!

et ce, peu importe le résultat de l’entreprise.
À vérifier ce soir lors de la cérémonie des Amanda.

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2001-2010: quelle recette pour être élu meilleur film norvégien?

Alors qu’un film über-norvégien réussi s’évertue à exploiter visuellement la lutte d’un protagoniste contre un système, c’est le film de groupe, dans lequel l’individu a une identité très friable ou malléable qui paradoxalement obtient dans plus de 80% des cas le prix du meilleur film norvégien.

Retour sur les films de ces dix dernières années avec pour chaque édition:

  1. le film nominé le plus singulièrement norvégien
  2. et le film primé par la récompense suprême de l’industrie cinématographique norvégienne.

Attention: choc cinéphile imminent!

2010:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Un Chic type: Un ex-taulard quinquagénaire essaie de retrouver sa place dans la société. Il est étranger, évolue dans un milieu absurde et aimerait se réconcilier avec son fils.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Upperdog! Un film choral sur la Norvège contemporaine et les tiraillements d’une jeunesse qui cherche à se réconcilier avec son histoire.

Atouts principaux: groupe, guerre, identité, jeunesse, Norvège contemporaine

Anders Baasmo Christiansen dans le film norvégien Nord de Rune Denstad Langlo

2009:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Nord: Un homme entreprend seul un voyage en scooter des neiges vers le nord de la Norvège pour retrouver sa place de père. Il fait des rencontres surprenantes qui l’aideront à grandir avant d’atteindre le but de son périple.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Opération Sabotage! l’histoire authentique de Max Manus, le héros sabotant les navires allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Un des rares films übernorvégiens à avoir gagné l’Amanda le plus important.

Atouts principaux: faits réels, guerre, identité, jeunesse, Norvège historique, résistance du héros

2008:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Autant en emporte la femme: Un homme est peu à peu envahi par une femme qui veut tout chambouler dans sa vie et lui imposer de grandir.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: L’homme qui aimait Yngve! L’adolescence en Norvège dans les années Quatre-Vingt: la musique, la politique et une homosexualité latente. J’ai beau cherché, je ne comprends toujours pas pourquoi le film a obtenu l’Amanda du meilleur film norvégien (si ce n’est pour sa BO et la meilleure première scène de film de ces dernières années).

Atouts principaux: groupe, identité, jeunesse, Norvège historique

2007:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: L’Art de la pensée négative: Un homme infirme est révolté par le rôle auquel la société (sa famille, ses amis, les autorités) veut le cantonner: un hymne au libre arbitre.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Nouvelle Donne! Une histoire de jeunes Osloïtes en proie aux doutes, au stress, aux déceptions professionnelles ou amoureuses.

Atouts principaux: groupe, jeunesse, Norvège contemporaine

2006:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Norway of life: Un trentenaire débarque dans un monde trop parfait où tout est beau, sans douleur et sans joie. Las de cette vie plastifiée, il n’a qu’un besoin, celui de le quitter à tout prix.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Free Jimmy! le premier long-métrage norvégien d’animation pour adultes. Une histoire de jeunesse, de drogue, et de trafic dans les montagnes tout au nord du pays.

Atouts principaux: groupe, jeunesse, Norvège contemporaine

2005:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Uno: un jeune homme essaie de combiner ses rôles de frère aimant, d’assistant loyal et de petite frappe. Tiraillé de tous les côtés, il est en train de se rendre compte qu’il va falloir assumer ses responsabilités et se stabiliser un peu.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Hawaii, Oslo! un film choral où à la Short Cuts, les protagonistes aux vies mouvementées se croisent et se recroisent dans l’Oslo contemporain.

Atouts principaux: groupe, Norvège contemporaine

2004:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Bázo: un Samé un peu retardé hérite de son frère. Il va devoir s’adapter, assumer et réaliser qu’il est quand même un chic type.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Buddy! Un jeune homme largué par sa petite amie se confie à sa caméra. Une TV transforme sa vie en realityshow à succès, aux dépends de ses amis. Choisira-t-il la gloire ou l’amitié?

Atouts principaux: groupe, identité, jeunesse, Norvège contemporaine

2003:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Jonny Vang: Un loser qui habite toujours chez sa mère essaie de créer une entreprise prospère à la campagne malgré les difficultés financières et relationnelles qu’il entretient.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Chroniques de cuisine! Un expert suédois vient faire des expérimentations dans la cuisine d’un vieux célibataire norvégien. Les deux bonshommes vont devoir apprendre à s’apprivoiser: un film übernorvégien récompensé!

Atouts principaux: faits réels, groupe, Norvège historique, résistance du héros, vieillesse

2002:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Dina: La vie de Dina, femme indépendante, contre les bonnes mœurs du XIXème siècle.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Alt om min far! un documentaire sur le père travesti du réalisateur Even Benestad. La téléréalité est passée par là.

Atouts principaux: faits réels, identité, Norvège contemporaine, résistance du héros

2001:

Tandis que le nominé übernorvégien de l’année était: Detektor: Un homme part à la recherche du sens de sa vie en suivant le bijou trouvé par son détecteur de métaux.
L’Amanda du meilleur film norvégien fut attribué à: Cool and crazy! un documentaire de mon cher Knut Erik Jensen sur un chœur d’hommes dans le nord de la Norvège.

Atouts principaux: faits réels, groupe, Norvège contemporaine, vieillesse

Amanda: comment être nominé pour le meilleur film norvégien?

Résumons: pour être nominé à l’Amanda il vous faudra:

  • une histoire écrite ou scénarisée par Erlend Loe (Nord, Autant en emporte la femme, Detektor), Harald Rosenløw-Eeg (Hawaii, Oslo, En eaux troubles, Uro) ou Lars Gudmestad (Keeper’n til Liverpool, Fatso, Buddy)
  • un personnage ou un petit groupe défiant la société (faisons comme si Une Éducation Norvégienne était déjà présélectionné pour 2012)
  • un espace métaphorique magnifiquement traité par votre directeur de la photographie préféré.

Amanda: comment gagner le prix du meilleur film norvégien?

Pour gagner l’Amanda du meilleur film, il vous faudra en revanche:

  • baser votre film avec la devise “un pour tous et tous pour un” (avec cette recette Kon-Tiki gagnera certainement en 2013)
  • avoir un ancrage dans l’histoire de la Norvège (passé ou présent) et éviter tout cadre abstrait pour ne pas dérouter les spectateurs
  • exploiter la crise d’identité ou la crise de la quarantaine, ou la crise d’adolescence, bref une crise.

Mon analyse des films norvégiens nominés et récompensés entre 2001 et 2010 est la suivante:

Les Norvégiens produisent des films dans lesquels ils fantasment un état de liberté, d’individualisme et d’inaliénation pour s’évader de leur réalité, que paradoxalement ils récompensent.
Quand le Suédois Björn Rosengren déclara en 1999 que la Norvège était le dernier état soviétique, il marqua un point les esprits. L’Amanda du meilleur film a récompensé ces dernières dix années des films dans lesquels la cohésion du groupe est problématisée. Le groupe se consolide ou il se désintègre. L’important c’est qu’il soit l’objet de l’histoire.
A noter que lorsqu’il se disloque, il séduit le public; ce que vous découvrirez demain.

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