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Le Libre Penseur {Fritänkaren}, Peter Watkins

Entre documentaire fiction et théâtre filmé Le Libre Penseur (Fritänkaren, 1994) de Peter Watkins est une production vidéo suédoise qui n’en finit pas de lasser ses spectateurs.

Libre?

Claustrophobe, contraint, répétitif, Le Libre Penseur est une biographie éclatée d’August Strindberg – dont on célébrera le centenaire de la disparition le 14 mai 2012.

La vie du dramaturge et auteur suédois y est structurée en mouvements:

  • l’enfance entre indifférence et religiosité
  • la vie de famille entre amours malheureuses et enfants
  • les années de pauvreté en exil
  • la vieillesse dans la Tour Bleue

Mais là où les mouvements symphoniques et les leitmotiv fonctionnent dans les œuvres d’auteurs audacieux, ils alourdissent ici considérablement une narration sans progression.

Le Libre Penseur, titre éponyme de la première pièce majeure de Strindberg fonctionne comme contre-programme esthétique.

Le film de Peter Watkins nous présente en effet un auteur façonné par ses frustrations, son éducation et son besoin d’appartenance. Comme si le libre arbitre n’avait eu aucun rôle dans la vie et la carrière de Strindberg.
En découle une mise-en-scène sans aucune sensation de liberté. Un comble.

Peter Watkins a été étouffé par une production titanesque entreprise depuis trop longtemps.
Entamé en 1972 le projet monumental sur la vie d’August Strindberg ne se concrétisera que bien plus tard. Repris en 1992, la production vidéo fleuve de 4H30 qu’est Le Libre Penseur est achevée en 1994. 22 longues années durant lesquelles le film a perdu son essence et sa force.

Entre temps le projet biographique sur l’auteur le plus connu de Suède est devenu un exercice pédagogique d’une lourdeur difficile à égaler. En parcourant le site Internet de Watkins, on apprend qu’il n’est pas l’unique responsable de cet échec puisque 24 étudiants ont participé au montage final du Libre Penseur. Un film qui ne traite pas de Strindberg, mais bien de la capacité d’interprétation d’un public.

A moins que ce ne soit qu’une arnaque intellectuelle de plus.

Penseur?

Pour qu’on accepte le postulat de Peter Watkins qui ferait du spectateur ce libre penseur, il aurait fallu au moins:

  • des morceaux de bravoure au lieu de personnages répétant toujours les mêmes scènes
  • des défis esthétiques et/ou intellectuels (de ce point du vue là, le seul défi de l’œuvre fleuve est sa durée)
  • la sensation d’une progression.

Ce qui n’est évidemment pas le cas. Ici, la frise historique qui tourne sur elle-même donne le sentiment de piétiner dans la boue des quartiers pauvres de Stockholm au XIXème siècle.
Sans en pénétrer la réalité et sans envie d’en apprendre plus.

Au final, le film de Watkins ne transcende ni la vie de Strindberg ni la perception des spectateurs.
Il porte par contre une malédiction toute Strindbergienne puisque le manque d’intérêt suscité par son Libre Penseur a fait de Peter Watkins un alter ego d’August Strindberg, mal aimé d’une société suédoise qu’il voulait épater.




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Camp Slaughter

Pour accompagner ce vendredi 13 avril, voici quelques slashers suédois ayant un synopsis limpide comme une mare de sang:

Un groupe d’amis partent {faire la fête | réviser | en vacances} {en forêt | dans une maison louée pour l’occasion | dans un local étudiant} et {disparaissent | sont séquestrés | se font tuer} par {un psychopathe | plusieurs psychopathes | des forces obscures}.


Camp Slaughter (2004), de Martin Munthe: un sous Massacre à la Tronçonneuse tourné en langue anglaise.


Strandvaskaren (2004), de Mikael Håfström: comme dans le Lac des Morts, la légende rurale d’un tueur noyé plusieurs décennies plus tôt redevient actuelle. Cet été, on moissonnera les jeunes vies d’étudiants.


The Cellar (Huset vid vägens ände, 2009), de Martin Kjellberg & Nils Wåhlin. Quatre étudiants en art louent une maison pour s’adonner à leur créativité. Qui a dit qu’ils y seraient au calme?


Mara (2012), de Åke Gustafsson, Fredrik Hedberg & Jacob Kondrup. Cette nouvelle histoire de Mare après Marianne nous plonge dans l’hystérie d’une jeune femme traumatisée par son passé. Elle revient dans la maison où tout a commencé. Cette fois-ci en compagnie de ses amis. Bien sûr, les cauchemars vont recommencer…

De quoi vous inspirer en ce second Vendredi 13 de l’année 2012.




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les pires Martin Beck

Alors que le dernier épisode des enquêtes du commissaire Winter est diffusé ce soir sur Arte, nous allons nous pencher sur un des commissaires les plus tenaces de l’histoire du polar suédois: Martin Beck.

Né sous la plume des pionniers du Nordic Noir suédois – Maj Sjöwall & Per Wahlöö – en 1965, Martin Beck est un homme intègre, tellement droit qu’il en paralyse ses interprètes nordiques depuis des décennies.

Marié, père de famille au début de la série de romans, Martin Beck a une vie privée qui se dissout peu à peu. Sa vie grise d’enquêteur et ses problèmes relationnels rappellent son cadet littéraire Kurt Wallander. Mais Beck est plus désabusé qu’asocial, déprimé par ses promotions et par les cas glauques qui ponctuent son travail. Mélancolique, il n’a pas la puissance visuelle et évocatrice d’autres détectives virils.

Contrairement à Kurt Wallander, Martin Beck n’est donc pas un bon personnage de cinéma.

Mal Beck

Voici quelques incarnations de Martin Beck, histoire de vous convaincre de vous consacrer à la dizaine de romans policiers plutôt qu’à leurs ersatz audiovisuels et cinématographiques.

Gösta Ekman

Gösta Ekman d.y, peut-être parce qu’il est associé à une série de films humoristiques des années Soixante-Dix de Hasseåtage, est l’incarnation la moins crédible de Martin Beck. Mou et transparent – une constante des Martin Beck aux cotés de Gunvald Larsson – son commissaire se situe aux antipodes du reste de sa carrière.

Peter Haber

Peter Haber peut être truculent dans des rôles comiques (Happy Christmas) mais ennuyeux au possible dans son rôle de policier. Inexpressif, il erre de (télé)films en (télé)films en attendant la fin de chaque enquête, comme si le personnage de roman était trop lourd pour ses épaules.

Bon-Beck

Outre Keve Hjelm ayant interprété le commissaire désenchanté en 1967 dans Roseanna, un des meilleurs Martin Beck reste Carl-Gustaf Lindstedt dans Un Flic sur le Toit de Bo Widerberg. Lindstedt est en effet un des rares acteurs à avoir su utiliser son regard pour scruter les moindres mouvements des témoins que Beck interroge. Étrangement sans inspirer ses successeurs qui préféreront une expression bovine et vide au regard perçant de l’enquêteur du film de Widerberg.

Martin Späck

Personnage emblématique de la littérature policière suédoise, Martin Beck a même eu droit à sa version spoof: Martin Späck, un commissaire ayant troqué son tabac contre de la nourriture trop grasse. Contre toute attente, cette comédie débutant par l’assassinat d’Harald Hamrell (oui oui, le même Harald Hamrell, réalisateur de 10 épisodes de la série TV Beck et de 6 épisodes de Real Humans) est un divertissement beaucoup plus réussi que les (télé)films qu’il parodie.

Tout ça pour conclure que Martin Beck, lorsqu’il n’est pas Martin Späck, est un personnage très peu adapté pour l’écran, au contraire de son acolyte Gunvald Larsson ou de sa tête à claques de voisin.

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Marianne, Filip Tegstedt

Marianne (2011) est un film suédois de Filip Tegstedt. Vous avez déjà vu la première puis la seconde bande-annonce du film d’horreur sur cineaster.net et même pu lire mon interview de Filip Tegstedt sur Les Givrés d’La Bobine.

Si Marianne revient cette semaine, c’est parce que le premier long-métrage de Filip Tegstedt a obtenu le Prix Spécial du Jury au Festival Mauvais Genre qui se déroulait du 4 au 9 avril 2012 à Tours.

Alors revenons un instant sur ce film indépendant suédois.

Fans de Bo Widerberg, par ici!

Marianne est l’histoire de Krister, un homme infidèle devenu veuf. Hanté par ses remords, le professeur de mathématiques est la proie d’une mare. Chaque nuit, le spectre roux vient faire suffoquer ce professionnel de la rationalité. Immobile, apeuré, impuissant, il va se rendre compte que ce n’est pas seulement lui que le monstre veut faire disparaître, mais toute sa petite famille.

Marianne se déroule dans la petite ville d’Östersund. Le film de Tegstedt nous montre une ville plus proche de Twin Peaks que de Stockholm. Sous la surface relativement lisse d’un quartier résidentiel, secrets et trahisons se révèlent.

  • le père a été de nombreuses fois infidèle
  • la mère meurt, et la cellule familiale avec elle
  • la fille est une droguée imbuvable
  • les relations père/fille sont compliquées

Construit en flashbacks pas toujours bien sentis et un peu trop lent et long pour le genre, Marianne, rappelle Morse, dans le sens où c’est à nouveau un film social réaliste übersuédois.

Comme tout un pan de la littérature prolétarienne des années Trente et le cinéma suédois à partir des années Soixante, Marianne est une histoire populaire, à des années lumières des intrigues sophistiquées d’un Ingmar Bergman par exemple.

Après un début trop coloré, dont on pourrait facilement décrocher, Marianne revient sur son terrain de prédilection: le drame psychologique. Dans une maison devenue inquiétante à la tombée de la nuit, la mare, matérialisation des frustrations d’une femme trahie, va broyer une famille petit à petit.

Qualifié par twitch d’un des meilleurs premiers films de l’année 2011, Marianne est disponible depuis peu en DVD et BR sous-titré Anglais.

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Ciné Nordica 2012

Ciné Nordica 2012 débute ce soir. Parisiens indécis, voici un peu de lecture, d’images et de sons pour vous aider à choisir quels films nordiques aller voir au Cinéma du Panthéon jusqu’au 11 mars.

Bon Ciné Nordica 2012 à vous!

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